Choix de vie du yogi

Être yogi c’est tout un style de vie. Certains types de yoga moderne suppriment complètement l’aspect spirituel de cette pratique pour en faire une pratique uniquement sportive, mais ce n’est pas le cas de l’Ashtanga Yoga. Ashtanga Yoga signifie « les huit membres du yoga », ce nom est directement tiré des yoga- sutras de Patanjali. Les yoga-sutras c’est un peu la bible du yoga et donc du yogi ! C’est un texte qui date environ de -200 à +400 après JC et qui est le 1er à être entièrement consacré au yoga. Dedans sont définis les huit membres du yoga qui permettent d’atteindre l’éveil.

Et si le yoga était un grand arbre dont chaque branche plus haute que la précédente nous aidait à atteindre le meilleur de nous même ?

Aujourd’hui je souhaite vous parler des deux premiers branches qu’on appelle généralement les règles de vie :

Les règles de vie dans la relation aux autres, les yamas.

Les règles de vie dans la relation à soi même, les niyamas.

Je préfère moi parler de choix de vie, car je ne vois pas cela comme des préceptes à suivre à la lettre mais comme des choix que le yoga peut parfois nous aider à prendre.

Les Yamas, Sutra II.30:

Ahimsa, la non-violence

Le yogi essaye de ne pas se laisser embrouiller par sa colère. Il pense que prendre du recul, ne pas se limiter à son point de vue, lui permettra de trouver une meilleure solution. D’une certaine façon, il croit au karma : il pense qu’en agissant bien, de bonnes choses lui arriveront. Il essaye de contrôler toutes violences qu’il peut avoir en lui, qu’elles soient physique ou psychologique. C’est sur les fondements de ce principe que beaucoup de yogis sont végétariens. Bien que je sois végétarienne et pense que l’on doit dans une certaine mesure limiter sa consommation de viande, je ne pense pas qu’on soit forcément violent parce qu’on mange de la viande et forcément non-violent parce qu’on est végétarien. Je pense au contraire qu’il y a une certaine violence dans tous les extrêmes.

Satya, la vérité

Le yogi dit la vérité avec simplicité et sourire. Il ne dit pas la vérité pour blesser mais uniquement quand elle est utile. De cette manière, il s’endort avec la conscience tranquille et la satisfaction de vivre dans le vrai.

Asteya, tu ne voleras point

Ni le tapis du voisin, ni cette ancienne méthode de yoga que tu t’approprieras en lui redonnant un nom à la mode !

Bramacharya, la modération

Quand il veut être en forme sur son tapis le lendemain matin, le yogi  évite généralement les excès d’alcool, de nourriture ou les couchers tardifs à répétition. Mais il n’est pas obligé de devenir moine tibétain pour autant, vous savez ce que je pense des extrêmes ! Le yogi consacre du temps à construire de véritables amitiés, à être présent pour ses proches et sa famille…Il ne fonde pas sa vie sur la représentation, mais se concentre sur des valeurs simples, tout simplement parce qu’il a compris que c’était ça qui le rendait heureux.

Les Niyamas, Sutra II.32 :

Shaucha, la pureté :

C’est un peu le « un esprit sain dans un corps sain » du yogi.

Samtosha, le contentement :

Le yogi a compris que le bonheur n’arrivait pas après avoir gagné X euros ou perdu X kilos, du coup il essaye de le fabriquer avec ce qu’il a sous la main aujourd’hui. Il apprécie tout ce que lui offre sa vie aujourd’hui au maximum. Et du coup étrangement, il a l’impression qu’il reçoit plus.

Tapas,  la pratique ardente :

Le yogi a décidé que les apports positifs du yoga dans sa vie étaient assez importants pour qu’il prenne à son tour des engagements vis-à-vis du yoga. Il a  par exemple décidé de pratiquer un certain nombre de fois par semaine, de faire de la méditation tous les jours… Et il s’y tient. Le jour J, il se présente sur son tapis, quel que soit son état d’esprit, car il sait que les ¾ du temps il y est gagnant. Le yogi n’est pas non plus obstiné, il a appris à faire la différence entre discipline et tyrannie et il essaye même de transposer tout ça dans le reste de sa vie.

Svadhyaya, la connaissance de soi :

Le yogi observe son corps puis son esprit. Il détecte son égo, puis son intelligence. Il tente de rencontrer sa vraie conscience, son Soi. Bref, sans être narcissique, le yogi passe du temps avec soi-même car il a découvert que derrière toutes ses couches (le corps, l’esprit, l’égo et l’intelligence) il était plutôt cool.

Ishvarapranidhana, le lâcher-prise :

Le yogi a compris que tout contrôler ne le rendait pas heureux, il a assimilé que la seule certitude c’était le changement. Il lâche donc prise sur ce qu’il ne peut pas contrôler. Il sait aussi qu’il représente une infime part de l’univers et qu’une infime part de l’univers est en lui. Il accepte de faire partie d’un tout, dont il ne comprend pas tous les tenants et les aboutissants. Il lâche prise au profit du « maître » de cet univers.

Et voilà mon introduction légère aux règles de vie du yogi. Je précise que cet article est écrit uniquement dans le but d’initier mes élèves aux textes fondateurs du yoga et pas du tout pour froisser un yogi proche de l’éveil qui prendrait tout ça beaucoup plus au sérieux.

Namaskar,

Maeva, apprentie yogini qui essaye de suivre ces yamas et  nyamas mais n’y arrive pas toujours…

 

2017-03-17T14:01:57+00:00

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